La semaine dernière, j'ai vécu une expérience de sortie hors du corps que tout un chacun peut réaliser très facilement. Voilà comment. Samedi, 14 heures. La journée est magnifique mais je ne m'en soucie guère. C'est avec une certaine fébrilité que je m'engage dans le petit aéro-club vendéen. Je suis partagé entre l'enthousiasme et l'inquiétude. En effet, je suis là pour vivre une équipée extraordinaire: un baptême de l'air avec vol acrobatique à la clé. Je retrouve le pilote, Damien, qui me fait un briefing sur les consignes de sécurité. Le sujet est sérieux mais l'atmosphère est relax. Si je sens l'angoisse qui monte tandis que l'instant tant attendu approche, je n'en montre rien. Du moins, je crois. Le moment de décoller arrive enfin, et c'est avec une boule au ventre que je mets mon parachute. Ca peut toujours servir. Je me dirige enfin vers l'avion pour rejoindre Damien. Le biplan est un engin léger et puissant, selon le pilote. Il est surtout incroyablement agile, comme je vais le découvrir d'ici quelques instants. Le cockpit se révèle plus rustique que je ne m'y attendais. L'avion est à l'évidence pensé pour un unique dessein: amener le maximum d'adrénaline. Une fois à l'intérieur, fermement harnaché à mon siège, j'ai l'étrange sensation de ne faire qu'un avec l'avion. Soudain, l'appareil tousse puis se met à rugir. Le moteur est lancé. Même avec mon casque, le vrombissement est fracassant. Après les dernières vérifications d'usage, le pilote met plein gaz et nous prenons de l'altitude avant de rallier le site de voltige. Mais c'est lorsque nous arrivons sur les lieux que l'aventure commence vraiment. Premier décrochage. Wow ! Je suis tétanisé et me raccroche au harnais, ébahi. Je ne me m'attendais pas à des sensations aussi puissantes. Et ce n'était rien de plus que les préliminaires! Cloches, boucles, immelmann... Les cabrioles se suivent à grande vitesse. Loopings, tonneaux, vol sur le dos. C'est magnifique. Tout s'enchaîne si vite que j'en perds mes repères les plus simples. Haut et bas cessent d'avoir la moindre signification. Le sol ne cesse de passer au-dessus ou en-dessous de nous. Lorsque la voltige prend fin, j'ai le coeur au bord des lèvres mais un sourire niais sur le visage. Et c'est là que je vis ma sortie extra-corporelle. Tandis que l'avion redescend vers le tarmac et que mon corps reprend le cours de sa vie, je reste plusieurs heures encore là-haut, à repenser à ce que j'ai vécu. Et si mon esprit a finalement regagné mon corps, il lui arrive encore, de temps à autre, de s'envoler sans crier gare. Je crois que ce vol m'a marqué à vie. Davantage d'information sur ce ce voltige aérienne à Namur en allant sur le site web de l'organisateur.

voltige2