Une tendance grandissante, à l'heure actuelle, est le jugement des personnes soupçonnées de terrorisme devant des tribunaux spéciaux ou dans le cadre de procédures spéciales qui ne respectent pas les normes internationales relatives à la garantie d’une procédure régulière. Ces tribunaux et procédures autorisent sans autre justification, peu ou prou, les procès à huis clos et limitent les droits des suspects à consulter un avocat, examiner les preuves pesant contre eux ou questionner les témoins pendant le procès. Les tribunaux égyptiens ont jugé des centaines d’islamistes présumés lors de procès collectifs au cours desquels des avocats ont déclaré qu’ils s’étaient vus refuser le droit de présenter leur défense ou d’interroger des témoins. En Arabie saoudite, en Égypte, aux Émirats arabes unis, aux États-Unis, au Pakistan et au Tchad, les procédures pour les infractions terroristes sont associées à la peine de mort. Depuis fin 2015, le Pakistan et l’Arabie saoudite ont chacun exécuté des dizaines de personnes condamnées pour terrorisme, y compris après des procès qui étaient très en deçà des normes internationales relatives à la garantie d’une procédure régulière. En 2015, le Tchad a exécuté 10 hommes en une seule journée après les avoir condamnés à huis clos. À Guantanamo, les États-Unis continuent de juger des détenus devant des commissions militaires qui ne respectent pas les normes internationales garantissant le droit à un procès équitable. Sur sept hommes actuellement accusés, six risquent la peine de mort.